DU 20 AU 22 MARS, LE COEUR DU GRAND-BORNAND VA BATTRE ENCORE PLUS FORT POUR LES ENFANTS. ET ON NE PARLE MÊME PAS DE CELUI DES SKIEURS ENGAGÉS DURANT LES 24H DE COURSE CARITATIVE – EN RELAIS – QUI DEVRAIT RÉSONNER AU-DELÀ DE LA STATION.
POUR L’EFFORT. ET POUR LA CAUSE. GLISSE EN COEUR A CHOISI CETTE ANNÉE DE COLLECTER DES DONS POUR « MA CHANCE MOI AUSSI ». POUR QUE LA ROUE TOURNE…
Cette association est portée depuis 2015 par un homme, André Payerne, et une profonde conviction : l’égalité des chances commence par l’investissement, l’encadrement et les actions qui apportent de l’épanouissement aux enfants issus de quartiers prioritaires. Il s’agit de leur donner les moyens aujourd’hui, pour transformer durablement demain. Zoom sur cette initiative savoyarde qui refuse de croire au petit bonheur la chance.
Devoir à rendre
« Ma Chance Moi Aussi » (MCMA) naît donc voilà un peu plus de 10 ans à Chambéry. Dans ses ateliers de métallurgie, André découvre que les indicateurs sociaux des quartiers ouvriers stagnent, et prend conscience de l’ampleur du déterminisme social. Refusant de laisser des enfants en situation d’échec prévisible par les circonstances, et convaincu que le véritable levier d’action se situe dès le plus jeune âge, il décide d’agir à la racine.
La vocation première de l’association est claire : là où d’autres structures proposent un soutien scolaire, parfois ponctuel, MCMA fait le choix d’un accompagnement global, préventif et inscrit sur le long terme. Les enfants sont accueillis dès l’âge de 5 à 6 ans et suivis jusqu’à la fin du collège, soit près de 10 années d’accompagnement continu. Les objectifs identifiés dès le départ sont conséquents : prévenir l’échec scolaire précoce, ouvrir l’accès aux activités extra-scolaires, souvent inaccessibles pour des raisons financières, et soutenir des familles parfois isolées ou dépassées.
Ces fragilités, hélas, se retrouvent dans de nombreux territoires en France, et concernent jusqu’à un enfant sur deux dans certaines agglomérations. Pour porter ses fruits, le modèle MCMA repose sur une prise en charge à 360 degrés. Ça va de la consolidation des apprentissages scolaires au développement du savoir-être, en passant par l’éveil culturel, la pratique sportive, jusqu’au soutien étroit des familles.
Cette approche en co-éducation suppose un critère indispensable : l’adhésion volontaire des parents dont l’implication est au coeur du projet. Participe présent, futur optimiste Dans les faits, l’accompagnement de l’association est quotidien. Après l’école, un référent éducatif récupère l’enfant pour un atelier de consolidation scolaire en petit groupe, encadré par un enseignant. La fin de journée se poursuit avec des activités d’éveil culturel ou artistique. Le mercredi est consacré à la pratique sportive en clubs et à des ateliers thématiques – environnement, cuisine, projets collectifs -. L’association prend également en charge la moitié des vacances scolaires, à travers des séjours éducatifs et des sorties, afin d’élargir les horizons et de sortir ses petits protégés de leur environnement, histoire de voir ce qui se passe ailleurs. En parallèle, les parents participent, eux, à des ateliers collectifs dédiés à la parentalité, favorisant l’échange et la montée en compétences. Ainsi, l’organisation d’une randonnée jusqu’à la Croix du Nivolet avec les enfants et les mamans permet par exemple de briser l’isolement, de sortir du quartier et de poser un autre regard sur la ville.
Et à long terme, l’impact est notable : les premiers bénéficiaires sont aujourd’hui majeurs, et deviennent parfois ambassadeurs de l’association eux-mêmes. C’est le cas de Nérimen, entrée il y a 10 ans, qui poursuit désormais des études d’expertise comptable et souhaite à son tour s’engager dans les actions de MCMA.
Avec 13 établissements déjà ouverts en France, « Ma Chance Moi Aussi » ambitionne désormais de changer d’échelle. Le développement d’un modèle de « franchise sociale » doit permettre de transmettre ce savoir-faire à d’autres acteurs locaux, afin de démultiplier l’impact sur le terrain.
Quand la chance fait boule de neige…
Pour l’aider dans ces missions, les Haut-Savoyards (et pas que) se mobilisent. Nombre de collègues et amis, compétiteurs dans l’âme et dans le coeur, connus ou anonymes, se sont lancé un défi : parcourir plus de 32 000 km, soit l’équivalent d’un quasi tour du monde, en 24h non stop de ski, en relais, sur une seule et même piste du Grand-Bo’. Ils étaient 1600 l’année passée à participer à Glisse en Coeur. Les vainqueurs de la Course seront les équipes qui auront récolté le plus de dons en ligne dans chacune des 2 catégories « Entreprise » et « Tribu » et qui auront bien sûr relevé le challenge sportif. Pour la bonne cause.